[NEWS] Hydrogène, décarbonation, santé, espace: Air Liquide présente son plan stratégique pour 2025

Hydrogène, décarbonation de l’industrie, oxygène médical, vie dans l’espace: Air Liquide a présenté mardi un plan stratégique pariant notamment sur le développement de ces quatre secteurs, dans l’objectif d’étoffer le chiffre d’affaires « de 5 à 6% » par an entre 2022 et 2025.

« Dans un monde transformé par l’épidémie de Covid, et marqué par une crise géopolitique dont la dimension de tragédie humanitaire nous bouleverse, il nous faut agir au présent mais aussi continuer de préparer l’avenir », a déclaré le PDG Benoît Potier lors d’une présentation devant la presse. Le groupe a notamment indiqué être sensible au gaz russe « à hauteur de 15% de ses approvisionnements ».

Avec le plan « Advance », « performance financière et performance environnementale et sociétale sont associées dans nos objectifs », a ajouté M. Potier qui compte « inventer une croissance bas-carbone ».

Le groupe s’est engagé sur quelques indicateurs clé pour y parvenir d’ici 2025: sur le plan financier, il prévoit que la rentabilité des capitaux employés (indicateur ROCE qu’il juge stratégique) s’élèvera « de plus de 10% à compter de 2023 ».

Sur le plan environnemental et climatique, il compte "démarrer" la réduction de ses émissions de CO2 "en valeur absolue" à "l'horizon 2025".

Air Liquide avait déjà indiqué en mars qu’il comptait réduire d’un tiers ses émissions de CO2 (scope 1 et 2), d’ici à 2035, en envisageant la neutralité carbone pour 2050.

Sa marge opérationnelle devrait s’améliorer de 160 points de base en quatre ans, grâce à « une politique de prix dynamique », des « gains d’efficacité réguliers » à hauteur de 400 millions d’euros par an, via notamment des achats centralisés et une amélioration de l’optimisation des connections à distance des sites industriels, a assuré le groupe.

Air Liquide compte investir pour près de 16 milliards d’euros en quatre ans, dont 50% dans la transition énergétique, comprenant la mobilité avec l’hydrogène ou la décarbonation des industries par captage du CO2 notamment.

« C’est plus de 45% supérieur au précédent plan qui portait sur la période 2016-2019 », a indiqué à la presse François Jackow, appelé à devenir directeur-général le 1er juin, M. Potier demeurant président du conseil d’administration.

Le groupe compte notamment sur l’installation chez des raffineurs de son système d’extraction et de captage du CO2, baptisé CryoCap, qui devrait permettre notamment d’extraire de l’hydrogène décarboné, dit « bleu ».

Ainsi produit, il est deux à trois fois plus cher que l’hydrogène dit « gris » produit par vaporéformage et très émetteur de CO2, mais deux fois moins cher que l’hydrogène « vert » issu de l’électrolyse de l’eau avec de l’électricité renouvelable, a expliqué le groupe.

« Le développement de la réglementation dans le raffinage crée » une demande d’hydrogène bleu et donc de capture du CO2, a dit M. Jackow. « On est juste au début » a-t-il estimé.

- "créer des bases de vie sur la lune" -

Outre le raffinage, Air Liquide vise la chimie, l’acier, ou le ciment, trois secteurs dont les émissions sont difficiles à réduire. Au total, le marché de la décarbonation pèse « 10 fois plus » que celui des gaz industriels, évalue le groupe.

Pour l’instant, Air Liquide produit encore « très peu » d’hydrogène décarboné, qu’il soit bleu ou vert, a admis M. Potier. Le chiffre d’affaires hydrogène du groupe devrait « tripler » d’ici à 2035.

Dans le domaine de la santé, Air Liquide, qui compte 1,8 million de patients dans le monde utilisateurs d’oxygène à domicile ou en hôpital, « va développer de nouvelles offres » aussi bien « dans les pays matures que les pays émergents ».

Dans le spatial, le défi est d’être capable « de réduire l’empreinte carbone du spatial » et donc de trouver des moyens de « propulser des lanceurs sans émettre de CO2 », a indiqué M. Jackow.

« Ce qui se développe énormément c’est l’utilisation du krypton et du zenon » pour la propulsion, un nouveau marché pour Air Liquide. Dans le domaine de l’exploration, « nous avons de nombreuses questions pour essayer d’inventer des moyens de produire de l’oxygène sur la lune, créer des bases de vie sur la lune, capturer du CO2 qui vient de la respiration des astronautes sur la lune, mais aussi potentiellement sur Mars » a dit M. Jackow.

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